mercredi 24 août 2016

Marée basse

Comme un galet trop usé du roulis des vagues
Fatigué d'avoir voyagé à sa mesure,
Lesté par sa propre pesanteur
Luttant pour chaque geste

Devant l'effet du temps
Constater que la bataille fut vaine
Tant il est lisse
Sans aspérité ni signe autre que sa taille qui s'amenuise

Alors peut être aurait il été plus simple de se laisser porter
Aller là où le courant veut bien nous mener
Se réjouir des jours passés et à venir
Et Vivre. 

mardi 9 août 2016

Poussière de ruines


Et si tous ces moments emprunts de douceur n'étaient qu'une voie d'arrêt d'urgence,  une illusion,  une parenthèse.
Pour mieux repartir.
Reprendre son souffle.
Réparer.
Ou une fuite en avant,  une de plus.

Passés la découverte,  l'engouement, la joie,  les feux d'artifices et les belles étincelles..

De retour du calme,  se retrouver face à soi. Et se rendre compte que ce ne sont que des ruines alors qu'on croyait y avoir construit et reconstruit un édifice solide.

Balayer,  balayer encore et chaque jour en sentir la poussière.

(Pince moi je rêve)

Si je vous le disais

Si je vous le disais pourtant, que je vous aime,
Qui sait, brune aux yeux bleus, ce que vous en diriez ?
L'amour, vous le savez, cause une peine extrême;
C'est un mal sans pitié que vous plaignez vous-même;
Peut-être cependant que vous m'en puniriez.


Si je vous le disais, que j'emporte dans l'âme
Jusques aux moindres mots de nos propos du soir:
Un regard offensé, vous le savez, madame,
Change deux yeux d'azur en deux éclairs de flamme;
Vous me défendriez peut-être de vous voir.

Si je vous le disais, que chaque nuit je veille,
Que chaque jour je pleure et je prie à genoux ;
Ninon, quand vous riez, vous savez qu’une abeille
Prendrait pour une fleur votre bouche vermeille ;
Si je vous le disais, peut-être en ririez-vous.


J'aime, et je sais répondre avec indifférence;
J'aime, et rien ne le dit; j'aime, et seul je le sais;
Et mon secret m'est cher, et chère ma souffrance;
Et j'ai fait le serment d'aimer sans espérance,
Mais non pas sans bonheur; je vous vois, c'est assez.

...
Si je vous le disais pourtant, que je vous aime,
Qui sait, brune aux yeux bleus, ce que vous en diriez ?

- Alfred de Musset, extrait des poésies nouvelles (A Ninon)

vendredi 14 août 2015

So Far

La solitude est parfois nécessaire, elle permet de se centrer, de faire le point.
Elle ne me dérange pas, On est ensemble depuis longtemps elle et moi.

Ou plutôt on se côtoie depuis de longues années.

Angoissante à certains instants, elle fait naître des idées nouvelles et d'autres bien connues mais ensevelies consciemment pour garder la vie tolérable..

Son seul inconvénient est qu'elle fait atterrir brutalement, les pieds sur terre, vous renvoyant la réalité en pleine face, ce que vous êtes, ce que vous faites, et le fossé existant entre vos espoirs, vos envies et la possibilité de réalisation.

La solitude rime avec frustration chez moi,
j'aimerai la bousculer, l'envoyer bouler, lui trancher la carotide..

ça reste risible..


"Que lentement passent les heures
Comme passe un enterrement
Tu pleureras l’heure ou tu pleures
Qui passera trop vitement
Comme passent toutes les heures

J’écoute les bruits de la ville
Et prisonnier sans horizon
Je ne vois rien qu’un ciel hostile
Et les murs nus de ma prison
Le jour s’en va voici que brûle
Une lampe dans la prison
Nous sommes seuls dans ma cellule
Belle clarté Chère raison"
Guillaume Apollinaire, Alcools

vendredi 31 juillet 2015

Le bruit d'un corps qui tombe

Ça fait froid dans le dos ce bruit là.
D'abord on se pose la question de savoir ce que c'est, et avant même d'avoir fini la question, on s'entend dire que ça ne peut pas, ça ne doit pas être ça.
Parce que le bruit d'un corps qui tombe, n'est rien à coté du corps qui tombe physiquement.
Entendre, s'approcher - ou se retourner - hurler déjà que c'est trop tard. Un corps inerte. Las et là.
Cette chute là vous met une gifle d'une telle force que votre vie s'en trouve changée à jamais.

Ces temps-ci, j'ai grande tendance à sursauter par crainte d'entendre ce bruit. Je m'accroche à cette phrase " pourvu que ce ne soit pas ça ". Pas déjà. Pas encore.
Crainte que ma vie se trouve changée à jamais. Que rien ne vienne troubler le cours sinueux de mes semaines.
Garder la bulle intacte - pas de choc - pas de bruit - rien - [...]
Rien qui n'entraverait l'économie de ma petite personne.
Car je m'économise, hélas. Ou m'économisais..

Chaque décision tenant compte de mon économie.
Le pour et le contre doivent rivaliser avec elle. Elle est partie prenante.

Alors ce bruit là, celui-là tout la haut, que je redoute ou que je crois redouter, ce bruit là, je l'attends malgré moi.

Faire exploser la bulle d'une onde de choc - qu'elle quelle soit - et regarder l'économie d'une vie voler en éclat. [ et jauger les morceaux à ne pas ramasser - prendre plaisir à les piétiner d'un talon aiguille jamais porté - écouter les craquements mélodieux ].

Et enfin noircir les notes sur la portée.

 

lundi 27 juillet 2015

Tout là haut

des mois à tracer, suivre, attendre, apprendre.
des semaines à enchaîner, à courir, à aimer,
des jours à compter, à attendre encore,
des heures précieuses écoulées si vivement,
et maintenant?

Elle pourrait prendre une tournure mélancolique la note, mais je n'en ferai rien.
Parce qu'aujourd'hui, et depuis quelques minutes, heures, jours, semaines, mois(?), 
je me sens voler..

Oui je délire c'est certain.
Alors pour pallier à mon trouble je scrute la cime des arbres, comme s'ils m'encourageaient à aller toujours plus haut, continuer à grandir, à me dépasser.. comme ils le font perpétuellement..  
Libres !


crédit photo Regards sur le monde ici

dimanche 14 juin 2015

Ray of light

Un jour de printemps, tu te réveilles comme tous les matins.
Un vent froid te rappelle que l'hiver n'est pas si loin, mais tu lui fais front.

La peur part se dissimuler, perdant la partie, la face, tout.

Puis rayonnant de victoire, tu reçois un premier message flatteur,
puis un second.

Sans t'y habituer, tu les acceptes.
Tu te retournes pour vérifier,
encore,
comme aimantée tu te rapproches, gardant une impression d'irréel, voir d'impossible.

Tu penses finalement que tu sur-interprètes ces signes, alors tu t'attribues le prénom Narcisse pour quelques temps, te maudissant - un peu - rassurée.


Sauf que..

Un regard, un pincement de lèvres, quelques mots,

Et la lumière te porte.